Comment confronter rapidement son offre face au marché ?

Hello !

 

Cet article est la troisième partie de notre série d’article sur le Lean | Comment créer sa startup

 

Nous vous conseillons de lire les articles de cette série dans l’ordre. 

 

 

 

Découverte de JYMIZ

Hugo Blum de Jymiz

Hugo Blum, fondateur de JYMIZ 

Salut Hugo !

Salut l’équipe Panja ! 

Est-ce que tu peux te présenter et nous expliquer un peu ce que tu fais ?

Je m’appelle Hugo j’ai 25 ans j’ai un master en management de l’innovation et une licence en STAPS. Et je suis là pour présenter mon entreprise, Jymiz, qui est une plateforme de challenges sportifs.

Est-ce que tu peux nous présenter le business model de Jymiz ?

Jymiz ce sont des cours collectifs en plein air et dans des lieux insolites. Chaque utilisateur a la possibilité d’aller sur le site de définir un objectif de séance qu’il veut réaliser dans le mois. En fonction de ses objectifs, il va payer un abonnement à l’avance. Et à la fin du mois, s’il atteint ses objectifs on lui reverse une partie de son abonnement qu’il a payé en début de mois sous forme de cashback chez des boutiques partenaires.

Dans le prix de l’abonnement, il est compris:

  • la rémunération des coachs
  • le cashback pour l’utilisateur 
  • et la rémunération de la plateforme.

Quel est ton rôle ? Tu dois trouver les coachs et des participants pour les cours collectifs ?

J’ai la vision stratégique, et je suis aussi coach manager: je réponds à leurs besoins, j’en trouve des nouveaux, j’anime la communauté, et je réponds à leurs questions :

  • “Est-ce que ce lieu est le mieux pour mon cours ?”
  • “Est-ce que cet horaire est mieux pour les participants ?”
  • “Est-ce qu’à cette période de l’année, cet endroit est intéressant ou non ?”

Je gère aussi les partenaires, on donne des cours en plein air, mais aussi dans des lieux insolites en intérieur, je m’occupe de trouver ces lieux.

Donc tu n’as pas de salle, rien, tu dois trouver les bons coachs et les bons lieux.

Ouais c’est ça, c’est la promesse de Jymiz. Trouver un groupe pour faire du sport à moins de 5 min de chez vous : Je sors de chez moi et je vais dans le parc le plus proche et j’ai un groupe pour faire du sport avec un coach qui est diplômé et formé pour encadrer ce groupe. Avec en plus de l’aspect social de la rencontre autour du sport.

Qu’est-ce que l’on peut trouver comme cours collectif ?

Aujourd’hui sur Jymiz on va trouver principalement du cross training, de la gym en plein air, du yoga, et de la course à pied.

Et quelles sont les prochaines disciplines que tu vas développer ?

Ça c’est vraiment en fonction du coach, on n’impose absolument rien, ce sont les coachs qui viennent nous voir en nous disant : “J’ai pensé à faire de l’ultimate est-ce que ça plairait ?”. Moi je suis partant, il faut tester ! On a justement un de nos coachs, Thomas, qui ne va pas tarder à proposer des séances d’ultimate et un autre va proposer des séances spécialisées dans le football.

Donc c’est vraiment tout un tas de séances qui dépendent directement des coachs sportifs. Ce sont eux les experts, ils sont force de proposition.

ultimate

 

La première hypothèse

Comment t’es venu l’idée de Jymiz ?

Assez simplement, j’ai une licence en STAPS et il faut savoir qu’en STAPS on a assez peu d’heures de cours dû aux différentes réformes. À ce moment-là je cherchais donc un complément de revenu pour pouvoir payer le loyer et me permettre de sortir un peu également.

Je me suis rendu compte qu’il est assez compliqué quand on n’a pas de réseau de monter son entreprise de coaching sportif. J’ai voulu créer une entreprise qui permettait aux étudiants en STAPS de donner plus facilement des cours de sports.

C’était en quelle année ?

Alors la première fois que j’ai commencé à réfléchir à Jymiz – ça ne s’appelait pas du tout comme ça. À la base ça s’appelait Sport With, car “sport with… something”, mais j’ai complètement zappé ce nom qui n’était pas terrible. La première fois que j’ai réellement eu ce concept, c’était en 2015. Donc de 2015 à maintenant il y a eu pas mal de chemin fait, pas mal de pivots. Pour arriver là, aujourd’hui, à un modèle qui est intéressant et qui je pense à toutes ses chances de fonctionner.

Lorsque tu as cette première idée de projet, quelles sont tes hypothèses concernant ta cible, leur problème et ta solution ?

La 1ère hypothèse que je me suis dite c’était la suivante: on va proposer des cours par des étudiants STAPS, qui ne sont pas encore totalement diplômés, en cours de formation, mais qui ont déjà les compétences suffisantes pour donner des cours et donc on va pouvoir proposer ces cours-là à moindres frais pour des particuliers.

La promesse était la suivante: c’était un complément de revenus et également un complément de formation pour ces étudiants en STAPS, avec une formation sur le terrain.

 

Là je me suis confronté déjà à un premier échec.

 

Les particuliers qui prennent des cours individuels sont des cibles assez aisées (les cours particuliers sont entre 50 et 80€ l’heure). Moi je proposais des cours à 25€ / 30€. Mais c’était soit beaucoup trop cher pour des personnes avec peu de ressources (notamment les jeunes et les étudiants.) 

 

A l’inverse, c’était pas assez cher pour un public aisé qui avait les moyens de se payer un coach particulier. Quand on a les moyens de se payer un coach particulier, on ne va pas en prendre un qui est étudiant mais un qui est expérimenté et qui a plusieurs années d’expérience.

  

Coach particulier

D’après toi c’est quoi le besoin qui va motiver tes cibles à faire du sport en plein air ?

Plus on avance et plus ça se vérifie: on a besoin de sortir. La plupart des gens passent leur temps au travail et restent enfermés toute la journée. Ils ont besoin de s’aérer, de s’oxygéner. Au final, avec les transports en commun qui se multiplient, le fait d’avoir tout à porté de main, on bouge beaucoup moins. 

 

Du coup, pouvoir ressortir en plein air, profiter de lieux en plein air avec de la verdure, des parcs et une ambiance apaisante ça les motive à sortir faire du sport. On a donc parié sur ces gens qui veulent sortir en plein air plutôt que de parier sur des salles de sport et des lieux fermés.

 

C’est le risque que l’on prend, on pense que les gens vont préférer sortir plutôt que de s’enfermer à nouveau pour faire leur sport. En plus on ne libère pas les mêmes hormones en faisant du sport en plein air qu’en intérieur, ce sont deux univers complètement différents. 

 

Confronter son offre face au marché

Quand tu as eu l’idée de Jymiz dans sa forme actuelle quel était ton prototype ?

Quand on a commencé la version actuelle c’était tout simplement une page Facebook. On avait rencontré un coach qui était partant pour nous suivre dans l’aventure. On publiait à chaque fois les séances de sport qu’il voulait faire dans des lieux en plein air (sous forme d’événement Facebook). On a essayé de faire ça de façon récurrente pour amener du monde autour de ce lieu et de ce coach.

Evenement facebook pour Jymiz

À quel moment tu as eu l’idée d’utiliser les événements Facebook pour commencer l’activité ?

Faire des études de marché c’est bien, mais ce n’est pas se confronter au terrain. Nous on a décidé d’aller confronter le marché. Et pour se confronter au terrain avec peu de ressources financières, il faut savoir être malin et trouver les choses qui vont coûter le moins d’argent possible et qui vont nous permettre d’avancer. C’est à ce moment-là qu’on a décidé de passer par Facebook et la plateforme de réservation Eventbrite, pour ne pas mettre d’argent directement dans le développement, mais pouvoir quand même commencer à tester et avoir des retours de nos clients.

Concrètement comment ça se passe pour les utilisateurs ?

Quand on est sur la page Jymiz sur Facebook et que l’on cherche une séance on va cliquer sur l’événement. Pour chaque séance on va créer un événement sur Facebook, il suffit de s’inscrire à l’événement. On est redirigé sur une page Eventbrite qui demande le nom, le prénom, l’adresse mail et le nombre de personnes avec qui on souhaite s’inscrire à la séance. Après il suffit de se rendre à l’heure et au lieu indiqué pour bénéficier du cours.

C’était des séances payantes, qu’on a souhaité mettre en place dès le début. À la fin de la séance, on peut rémunérer le coach pour le cours via une application.

Evenement facebook pour Jymiz

Ça représente combien en termes de prix pour le client ?

Cela dépend le prix de la séance, entre 3 et 5€ la séance, car on est sur un modèle basé sur le groupe. Chaque coach va être rémunéré en fonction du nombre de personnes qui va à sa séance. On a des séances ouvertes entre 6 et 30 personnes, et donc une rémunération qui varie entre 18 et 100€.

 

Pour la rémunération des coachs, on a fait un sondage sur le groupe secret où tous les participants sont. Et on a demandé s’ils préféraient Paypal ou Lydia. Ils ont choisi Lydia donc on a pris le petit français Lydia. 

Quels ont été les retours des utilisateurs ?

Tout cela se passe en Mai 2018, il y a pas si longtemps. Les retours étaient plutôt bons dans l’ensemble. Cela permettait d’avoir une solution hyper simple, à proximité pour aller faire du sport et à moindre coût.

Un des problèmes que l’on a eu, c’est qu’au même moment il y a un concept qui s’appelle Herbalife et qui donne des séances gratuites dans des lieux qui sont pas très éloignés des nôtres. Ça nous a forcé à nous structurer et faire des modifications sur le projet, en insistant sur le fait que nos coachs à nous sont formés et diplômés avec une expérience dans le coaching. Et avec un certain suivi derrière qui amène une qualité ce qui n’est pas forcément le cas avec Herbalife.

site jymiz

Aujourd’hui, à quoi ressemble ton produit ? Tu as sorti la plateforme récemment ?

Oui la plateforme est sortie en décembre 2018. Juste avant Noël. C’est une plateforme sur laquelle chaque coach indépendant peut directement publier sa séance. Ils ont donc plus besoin de passer par nous comme au début. Avant on rédigeait toutes les séances à la main, mais maintenant ils peuvent le faire directement sur la plateforme et les utilisateurs peuvent s’inscrire aux séances directement depuis la plateforme (sans passer par les événements Facebook). On n’a pas encore de module de paiement, c’est la suite de notre développement.

 

Pour l’instant le cashback n’y est pas encore. On a un développement qui est vraiment lean et agile. On va avancer des petits bouts de notre projet, on va analyser comment ça se passe, si tout se passe bien on passe à la suite. Par exemple pour le site, au début il n’était pas très joli, on a regardé comment ça marchait auprès des premiers utilisateurs, et on a pu faire quelque chose de plus joli et esthétique avant de mettre le site officiellement en ligne. Ça prend certes un peu plus de temps au niveau du développement mais derrière on a des retours qui sont plus qualifié. 

Est-ce que ta cible a évolué depuis la première version ? 

Notre cible a énormément évolué. Quand je suis parti de la première idée de Jymiz en 2015, on ciblait des jeunes et des cinquantenaires. Donc des étudiants d’un côté, et des quarante / cinquetenaires qui voulaient faire du sport. 

 

Maintenant on a une cible qui est passée beaucoup plus sur les cours collectifs, donc des jeunes plutôt entre 18 et 24 ans. Depuis qu’on à la plateforme on se rend compte que la cible réelle sont des utilisateurs entre 25 et 34 ans. On a aussi des utilisateurs de 38-40 ans.

Quand est-ce que tu as commencé le développement de la plateforme web ?

Pour la plateforme web, on est passé par plusieurs équipes de développement. Au début je voulais passer par un prestataire externe pour le développement de la plateforme. Je me suis rendu compte avec les devis et ce qu’on nous a proposé que ce n’était pas forcément lean et un peu coûteux. On a décidé de s’associer avec une première personne pour faire le développement de la plateforme, ça a bien commencé puis avec le temps ça s’est un petit peu dégradé jusqu’à qu’on mette fin à ce partenariat technique avec cette personne. Trois mois après, on a trouvé un nouveau développeur avec qui on est toujours et avec qui on s’est associé, il est maintenant CTO de Jymiz et gère tout le développement technique, il a commencé le développement en mai 2018.

Comment est-ce que tu as réagi par rapport à ça ? Comment est-ce que tu as pu trouver les bonnes personnes pour t’entourer, notamment ton CTO ? Comment ça se passe pour s’entourer des bonnes personnes et pour partager son projet ? Parce que du moment qu’il y une personne avec toi ça ne peut plus être ton projet ça devient une aventure en équipe.

Déjà la première chose à faire c’est un travail sur soi. Si on reste seul, le projet n’aura pas la même ambition, il faut savoir quelle ambition on veut donner à son projet. À partir de là c’est du réseautage, des rencontres, des événements, il faut parler de son projet. C’est une rencontre qui a eu lieu dans un Startup Weekend en 2017, qu’on a eu la chance de remporter, qui nous a permis de découvrir le dernier membre de l’équipe. Nous ne nous connaissions pas, mais c’est ainsi que nous avons recruté notre développeur

Startup Weekend 2017

2019 vient de démarrer, c’est quoi la suite de prévue ?

Beaucoup de chose ! Il faut savoir que tout ce que je vous ai dit avant, on l’a fait sans avoir créé la société, donc on a une société toujours pas immatriculée, on a la volonté de le faire la plus tard possible. Des fois ça peut faire peur “Tu na pas de société c’est comme s’il n’y avait rien”. On a fait en sorte que dès qu’il y aura la société il y aura des revenus deux ou trois mois après la création de la société.

 

La deuxième chose que l’on va faire c’est intégrer le module de paiement sur notre site internet qui est toujours en développement. Maintenant qu’on s’est confronté à notre marché avec une offre payante, sans que l’on se rémunère, on va essayer de se confronter avec une solution réelle, une plateforme aboutie. On va chercher nos early adopters encore plus profondément, encore plus loin pour avoir plus de retours et construire avec eux la solution de paiement.

Jymiz, c’est sur Montpellier ?

Pour le moment on va dire que 2019 c’est le test final avant de partir au niveau national voir international qui arrivera en 2020 ou 2021. Cette année c’est Montpellier puis l’Hérault et on espère le Gard et l’Aude.

Jymiz en termes de chiffre, c’est combien de cours collectifs ? Et combien de pratiquants ?

Jymiz actuellement c’est 5 à 6 cours par semaine, c’est un peu moins de 300 utilisateurs par mois. Entre 70 et 80 utilisateurs uniques inscrits sur la plateforme et qui ont déjà pris des cours avec nous. Jymiz c’est aussi 8 coachs et 3 lieux insolites.

Des exemples de lieux insolites ?

Au niveau des lieux insolites, on a un magasin de sport qui s’appelle Foulées qui nous fait confiance. On a aussi Square Cocoon, un espace de coworking cosy sur Montpellier qui nous fait confiance également. Et on est en train de se rapprocher des Halles Tropismes pour proposer des cours là bas.

Comment on peut retrouver Jymiz sur les réseaux ? C’est quoi l’adresse du site ?

Vous pouvez nous retrouver sur la page Facebook Jymiz, vous pouvez aussi nous retrouver sur https://jymiz.com

Pourquoi Jymiz ?

Parce que Jymiz c’est la volonté de miser sur sa pratique sportive, si on transforme un peu Jymiz ça fait “Je mise” sur ma pratique sportive. C’est également parce qu’on voulait dynamiser la gym.

Merci beaucoup Hugo !

Merci à vous et à bientôt !

Partagez cet article s’il vous a plu 🙂 

Cet article est la troisième partie de notre série d’articles sur le Lean | Comment créer sa startup.

 

 

 

  • Partie 3 : Comment confronter rapidement son offre face au marché ? (Interview de Hugo Blum, fondateur de Jymiz)

Découvrez les stratégies marketing et growth des startups

Directement dans votre boîte mail, chaque semaine